Début des pétitions contre la réforme du stationnement

Les médias ne parlent plus que d’elle : la réforme du stationnement ! A deux jours de l’entrée en vigueur de cette réforme, de nombreux automobilistes découvrent avec étonnement d’importants changements. Comme à Strasbourg, des pétitions contre la réforme se multiplient déjà sur le site Change.org. Prendsmaplace vous en dit plus sur les enjeux de cette réforme dans le stationnement.

pétition réforme du stationnement

Une évolution de la politique du stationnement

Depuis 100 ans, notre problème dans les mobilités ne cesse de s’accentuer.

Une vidéo de la célèbre émission « C’est pas sorcier » faisait déjà un état des lieux de la situation en 2003. Depuis, personne ne semble avoir trouvé la formule idéale. Mais comment faire pour faciliter nos déplacements ? Comment bénéficier d’un coût et d’un temps de transport réduit tout en limitant notre impact carbone ?

Pour répondre à cette question, nos élus ont décidé, dès 2018, de changer leur fusil d’épaule en révisant leur politique du stationnement ! Avant tout, cette réforme a pour but de réduire le taux de fraude sur le stationnement et ainsi contribuer à de nouvelles recettes. Par la suite, et face à l’urgence environnementale, cette réforme peut-être un formidable outil pour les collectivités dans leur nouveau programme de mobilités.

Pour atteindre ces différents objectifs, les villes disposent d’un accompagnement de l’Etat par le biais du CEREMA (Centre d’Etude et d’expertise sur les Risques, l’Environnement, la Mobilité et l’Aménagement).

Passation de pouvoir pour l’amende de stationnement

L’Etat a fait le choix de donner plus de pouvoir aux élus locaux dans leur politique de mobilité et de gestion du stationnement. En remplaçant l’amende de stationnement de 17 € existante au niveau national, par un forfait post stationnement au niveau local, chaque collectivité (métropoles, villes, communes,…) pourra désormais définir librement sa tarification de contravention. Grâce à leur nouvelle mission de surveillance du stationnement, de nouvelles rentrées d’argent pourront donc être perçues par les collectivités.

Pour accompagner les collectivités, le CEREMA a publié un guide au printemps 2017. Riche en recommandations, ce guide doit aider les villes à instaurer la décentralisation du stationnement payant sur voirie dès le 1er janvier 2018.

Cependant, il n’est pas simple de répondre aux attentes de chaque automobilistes matière de stationnement : où garer sa voiture dans le cadre de son travail ? Pour effectuer des achats ou pratiquer un loisir ? Pour rejoindre son domicile sans en avoir l’utilité ?

Malgré de nombreuses solutions déjà proposées par les politiques locaux sur ces questions, certaines agglomérations comme Strasbourg, Tours, Lyon ou Romans-sur-Isère se voient déjà confrontées à des pétitions en ligne et divers leviers de boucliers avant même la réforme.

Les automobilistes pris au piège de la réforme du stationnement

Pour de nombreux automobilistes, l’entrée en vigueur de la réforme du stationnement est mal perçue. En comprenant qu’il ne sera dorénavant plus possible de frauder sur la voie publique, la colère monte sur les réseaux sociaux et dans les articles de presse sur le sujet. La révision des prix du stationnement à la hausse par la même occasion de quelques villes accentue d’autant plus la révolte.

Les automobilistes, dit « commuters », habitant en dehors de la ville sont les premiers à crier au scandale ! Pour ces ruraux, rejoindre leur lieu de travail en voiture va demain, se transformer en vrai casse-tête. D’un côté, malgré le gain économique, utiliser les transports en commun n’est pas forcément évident (multimodalité, temps de trajet domicile – travail). De l’autre, gagner du temps et conserver sa liberté en voiture signifiera forcement une dépense supplémentaire liée au prix du stationnement. Il est vrai que pour les personnes ne disposant pas de parking en centre-ville, payer un parking au prix moyen de 20 € par jour n’est juste financièrement pas possible.

Toutefois et face à ces enjeux bien complexes, nos élus semblent avoir tranchés. Afin d’améliorer notre cadre de vie et au détriment des habitudes de quelques automobilistes, la réforme va s’appliquer dans le but de dessiner une nouvelle ville plus « verte » et avec un meilleur partage de l’espace public.

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